
Une enquête confirme que les étudiants sont inégaux devant le stress. Rien de surprenant, mais de quoi donner à réfléchir aux élus.
ON pouvait s'en douter mais une enquête chiffrée vient de le confirmer : les étudiants sont inégaux devant le stress. A Reims c'est presque du 50-50 : 49 % des 400 personnes interrogées en avril
dernier par la Mutuelle des étudiants (LMDE) dans le cadre d'une vaste réflexion sur la gestion du temps par les étudiants se déclarent stressés.
On ne s'étonnera guère de cette inégalité, provenant largement des contextes sociaux respectifs. Il y a de grandes différences entre Antoine, en deuxième année de médecine, hébergé chez ses
parents et qui n'a pas besoin de travailler à côté de ses études pour les financer, et Laura par exemple. Cette jeune fille est en deuxième année de philo, elle vit dans un appartement en ville,
doit régulièrement se débrouiller pour sa popote même si elle fréquente aussi de temps en temps les restos U, et tout en étudiant à Reims, travaille à Épernay, quatorze heures par semaine : « Je
donne des cours de langue et d'informatique dans une société de soutien scolaire et de formation continue ».
Autant le premier appartient sans conteste au groupe des non stressés, « pas de problème de sommeil particulier » indique-t-il avec un sourire, autant la seconde fait sans doute partie des 49 %
cités plus haut. « Je ne peux pas dormir énormément », confie-t-elle, « je me couche régulièrement vers minuit une heure du matin, et je me lève entre cinq et six heures ». La conciliation
job-études est même si problématique pour elle qu'elle ne suit pas les cours normaux. « Je me suis inscrite à un service de cours à distance, même si c'est plus cher. »
Absentéisme et transport
Cela dit, le contexte socio-familial n'est pas tout. Ainsi Shirley, en master de
langues étrangères, ne travaille pas à côté de ses cours - « ce sont mes parents qui payent mes études » - et pourtant elle avoue être angoissée : « Quand je vois le soir toutes les choses qui me
restent à faire, je n'arrive pas à dormir ! » Et puis, pour en revenir au comparatif Antoine-Laura, on remarquera que, comme par hasard, le non stressé des deux étudie dans une fac qui n'a pas eu
à souffrir des actuelles perturbations (médecine).
Comment répondre à ces divers problèmes ? Le but de l'enquête de la mutuelle étudiante était justement « d'amener les élus des collectivités locales à prendre conscience de ce genre de réalités
et d'imaginer des réponses », indique son jeune président Damien Berthilier. On pense bien sûr, pour ce qui est des inégalités sociales, à des aides financières du genre bourses. Malheureusement,
« l'action sociale en faveur des étudiants n'est pas du ressort de la ville ni de l'agglomération », indique l'adjoint Stéphane Joly.
En revanche, il est un autre résultat de la même enquête qui touchera davantage l'équipe de Mme Hazan, puisqu'elle concerne les transports, compétence de Reims métropole. Il apparaît en effet que
ce sont précisément les problèmes de transports la première cause d'absentéisme aux cours chez notre échantillon rémois ! 42 % (alors que l'exercice d'une activité professionnelle à côté des
études par exemple ne vient qu'en 4e position).
La médiane du temps de trajet quotidien est de 30 minutes, trajet effectué en majorité par les transports en commun (54 %, contre 8 % pour le vélo par exemple).
Là, il y a matière à creuser pour nos élus !